Le contrat de domiciliation est le document juridique qui formalise la relation entre une société de domiciliation (le domiciliataire) et l’entreprise qui y établit son siège social (le domicilié). Ce contrat est obligatoire dès lors que vous faites appel à un prestataire de domiciliation.
Son contenu est strictement encadré par les articles R123-167 à R123-171 du Code de commerce. Un contrat incomplet ou non conforme peut entraîner le refus d’immatriculation par le greffe du tribunal de commerce.
À retenir :
- Le contrat de domiciliation est obligatoire pour toute entreprise utilisant une société de domiciliation, comme stipulé par l'article R123-167 du Code de commerce, et son absence entraîne le refus d'immatriculation.
- Il doit contenir des mentions obligatoires, telles que l'agrément préfectoral du domiciliataire, l'identité des parties, la description des locaux, la durée et les modalités de paiement, ainsi que les obligations des deux parties.
- Le contrat doit également préciser les conditions de résiliation, qui peuvent varier selon les circonstances, et il est crucial de vérifier les frais cachés et les services inclus avant de signer.
- Les informations relatives au contrat doivent être mentionnées au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), garantissant ainsi la traçabilité et la conformité légale de la domiciliation.
Pourquoi le contrat de domiciliation est-il obligatoire ?
L’article R123-167 du Code de commerce impose à toute personne établissant son siège social dans des locaux occupés en commun de présenter un contrat de domiciliation lors de sa demande d’immatriculation au RCS. Sans ce contrat, le greffe refuse l’inscription.
Le contrat remplit trois fonctions essentielles :
- Justifier la jouissance du local : il prouve que l’entreprise dispose légalement d’une adresse
- Encadrer les obligations réciproques : il précise ce que chaque partie doit faire
- Assurer la traçabilité : les références du contrat sont inscrites au RCS (article R123-171)
Les 8 mentions obligatoires du contrat
L’article R123-168 du Code de commerce liste les mentions que le contrat doit impérativement contenir. Voici le détail de chacune.
1. Les références de l’agrément préfectoral
Le contrat doit mentionner le numéro d’agrément préfectoral du domiciliataire, délivré en application de l’article L123-11-3. Cet agrément atteste que la société de domiciliation remplit les conditions légales pour exercer cette activité. Un contrat sans cette mention est non conforme.
2. L’identité complète des deux parties
Pour chaque partie (domiciliataire et domicilié), le contrat doit préciser :
- La dénomination sociale (ou le nom pour une entreprise individuelle)
- La forme juridique (SARL, SAS, EI, etc.)
- Le numéro d’immatriculation au RCS ou au Répertoire des Métiers
- L’adresse du siège social
- Le montant du capital social (pour les sociétés)
3. La description des locaux
Le contrat doit décrire les locaux mis à disposition : adresse complète, nature des espaces (bureau, salle de réunion), et confirmer qu’ils permettent la tenue des réunions d’organes de direction et des assemblées générales dans des conditions de confidentialité.
4. La durée du contrat
La durée minimale est de 3 mois. Le contrat est renouvelable par tacite reconduction, sauf dénonciation par l’une des parties dans les conditions prévues au contrat. La plupart des contrats prévoient une durée de 3, 6 ou 12 mois.
5. Le montant et les modalités de paiement
Le contrat doit indiquer clairement :
- Le prix de la domiciliation (HT et TTC)
- La périodicité de facturation (mensuelle, trimestrielle, annuelle)
- Les moyens de paiement acceptés
- Les éventuels frais supplémentaires (courrier, scan, réexpédition, salles de réunion)
6. Les services inclus
Le contrat doit détailler les prestations fournies :
- Mise à disposition de l’adresse comme siège social
- Réception et conservation du courrier
- Numérisation et/ou réexpédition du courrier
- Accès aux salles de réunion (inclus ou en option)
- Standard téléphonique (si applicable)
7. Les obligations du domicilié
L’entreprise domiciliée s’engage notamment à :
- Utiliser l’adresse exclusivement comme siège social
- Informer le domiciliataire de tout changement de situation (gérant, activité, cessation)
- Permettre les contrôles administratifs et fiscaux dans les locaux
- S’acquitter des redevances dans les délais prévus
- Disposer d’une boîte aux lettres individuelle ou d’un casier identifié
8. Les obligations du domiciliataire
La société de domiciliation s’engage à :
- Mettre à disposition des locaux conformes à la réglementation
- Transmettre le courrier selon les modalités convenues
- Tenir un registre des entreprises domiciliées, mis à disposition des administrations sur demande
- Informer le greffe en cas de résiliation du contrat ou de non-respect par le domicilié de ses obligations
- Respecter les obligations anti-blanchiment (Code monétaire et financier, articles L561-1 à L561-45)
Les conditions de résiliation
Le contrat doit préciser clairement les conditions de résiliation. Voici les cas les plus courants :
Résiliation par le domicilié
- À l’échéance : envoi d’un courrier recommandé dans le délai de préavis (généralement 1 à 3 mois avant la fin du contrat)
- Anticipée : possible dans certains contrats moyennant des frais de résiliation
- Pour faute du domiciliataire : si les services ne sont pas rendus conformément au contrat
Résiliation par le domiciliataire
- Non-paiement : après mise en demeure restée sans effet
- Non-respect des obligations : activité illicite, refus de contrôle administratif
- Cessation d’activité du domicilié sans transfert du siège
Important : en cas de résiliation, le domiciliataire doit informer le greffe du tribunal de commerce. Le domicilié dispose alors d’un délai pour transférer son siège social vers une nouvelle adresse.
Ce que le contrat doit mentionner au RCS
L’article R123-171 du Code de commerce impose que le contrat de domiciliation soit mentionné au Registre du Commerce et des Sociétés avec :
- L’identité du domiciliataire (dénomination, forme juridique)
- Son numéro d’immatriculation au RCS
- Les références du contrat
Ces informations figurent sur votre extrait Kbis. En cas de changement de domiciliataire, vous devez effectuer une inscription modificative au RCS.
Checklist : les 10 points à vérifier avant de signer
| Point à vérifier | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Agrément préfectoral valide | Sans agrément, le contrat est illégal et votre immatriculation peut être refusée |
| Durée et renouvellement | Éviter un engagement trop long ou un renouvellement automatique piégeant |
| Préavis de résiliation | Savoir quand et comment sortir du contrat |
| Prix tout compris | Vérifier si scan courrier, réexpédition et salles sont inclus ou en supplément |
| Frais de résiliation | Certains contrats prévoient des pénalités en cas de départ anticipé |
| Fréquence de numérisation | Quotidienne, hebdomadaire ? Un scan tardif peut retarder un courrier important |
| Réexpédition du courrier | Incluse ou payante ? À quelle fréquence ? |
| Accès aux salles de réunion | Heures incluses par mois ou facturation à l’heure ? |
| Conditions en cas de litige | Tribunal compétent, médiation, procédure amiable |
| Clause de confidentialité | Protection de vos données et de votre courrier |
Les pièges courants dans les contrats de domiciliation
Le renouvellement tacite sans préavis clair
Certains contrats se renouvellent automatiquement avec un préavis très court (15 jours). Si vous ratez la fenêtre de résiliation, vous êtes engagé pour une nouvelle période complète. Exigez un préavis d’au moins 1 mois.
Les frais cachés dans les options
Le prix affiché peut ne couvrir que l’adresse. La numérisation du courrier, la réexpédition et le standard téléphonique sont parfois facturés en supplément. Demandez un devis détaillé du coût mensuel réel.
L’absence de salle de réunion
La loi impose au domiciliataire de disposer d’une salle permettant la tenue des assemblées générales. Si le prestataire n’a pas de salle, il ne respecte pas les conditions de son agrément.
Le contrat sans agrément mentionné
Si le contrat ne mentionne pas le numéro d’agrément préfectoral, c’est un signal d’alerte. Le prestataire exerce peut-être sans agrément, ce qui est un délit pénal (6 mois d’emprisonnement, 7 500 € d’amende).
Le contrat de domiciliation Whosbox
Chez Whosbox, le contrat de domiciliation est transparent et conforme aux articles R123-167 à R123-171 du Code de commerce :
- Agrément préfectoral valide pour nos deux sites (Montpellier et Lyon)
- Durée minimum 3 mois, sans engagement excessif
- Tarifs clairs : Starter à 19,90 €/mois (ou 16,60 €/mois en annuel), Pro à 24,90 €/mois
- Services inclus : adresse, réception courrier, numérisation, salles de réunion
- Résiliation simple : préavis d’un mois, sans pénalité
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Questions fréquentes
Le contrat de domiciliation est-il obligatoire ?
Oui, dès que vous faites appel à une société de domiciliation. L’article R123-167 du Code de commerce impose de présenter ce contrat lors de l’immatriculation au RCS. Sans contrat, le greffe refuse l’inscription.
Quelle est la durée minimale d’un contrat de domiciliation ?
3 mois, renouvelable par tacite reconduction. C’est la durée minimale prévue par la réglementation. Méfiez-vous des contrats imposant un engagement de 12 ou 24 mois sans possibilité de sortie anticipée.
Que se passe-t-il si la société de domiciliation perd son agrément ?
Le contrat devient caduc. Le domicilié doit trouver une nouvelle adresse et effectuer un transfert de siège social dans les meilleurs délais. Le domiciliataire est tenu d’informer ses clients et le greffe.
Peut-on résilier un contrat de domiciliation en cours ?
Oui, selon les conditions prévues au contrat. La résiliation anticipée peut entraîner des frais dans certains cas. En cas de faute du domiciliataire (services non rendus), la résiliation est possible sans pénalité.
Le contrat de domiciliation figure-t-il sur le Kbis ?
Oui. Les références du contrat et l’identité du domiciliataire sont inscrites au RCS et apparaissent sur l’extrait Kbis de l’entreprise domiciliée (article R123-171 du Code de commerce).